Dans Coji-Coji, Momoko Sakura nous entraîne à Märchen, un pays de l’imaginaire où cohabitent sans logique apparente un roi soleil, une théière vivante, une grenouille, un ange ou encore une entité divine chargée du beau temps.
Cet univers féérique pourrait évoquer un conte pour enfants, mais il sert surtout de décor à une observation fine et ironique des comportements humains. Derrière cette fantaisie permanente se cache une société étonnamment rigide, régie par des conventions absurdes que tout le monde accepte… sauf Coji-Coji.

🎒 Coji-Coji, un héros qui refuse d’entrer dans le moule
Coji-Coji est un personnage déroutant. Distrait, paresseux, naïf en apparence, il ne comprend ni les règles sociales ni l’intérêt de l’école. Là où ses camarades cherchent la reconnaissance, la conformité ou l’approbation des autres, lui ne poursuit qu’un objectif : vivre selon son propre rythme. Cette posture, qui le fait passer pour un simple d’esprit, devient rapidement un acte de résistance passive face à un monde qui valorise l’obéissance et le conformisme.
🎭 Une galerie de personnages volontairement caricaturale
Les habitants de Märchen sont aussi extravagants dans leur apparence que banals dans leurs réactions. Chacun incarne une attitude ou un travers : jalousie, vanité, peur du regard des autres, besoin de validation. Momoko Sakura joue avec ces archétypes pour créer un décalage constant entre ce que ces personnages sont… et ce qu’ils prétendent être. Coji-Coji, par ses questions innocentes ou son indifférence totale, met en lumière l’absurdité de leurs préoccupations.
📚 Des situations anodines au parfum satirique
Les récits s’articulent autour d’événements insignifiants : écrire une lettre de fan, craindre une tempête, envier un objet rare, rendre visite à un sage supposé tout savoir. Chaque situation devient prétexte à une réflexion implicite sur la société, sans jamais livrer de morale explicite. Coji-Coji observe, traverse ces moments sans vraiment y prendre part, révélant par contraste la vacuité de certaines normes sociales.
✏️ Un style graphique trompeusement simple
Le dessin volontairement enfantin, presque maladroit, renforce l’étrangeté du manga. Les dialogues sont minimalistes, parfois abrupts, et le rythme lent laisse place au silence et à l’inconfort. Cette simplicité graphique et narrative n’est jamais gratuite : elle permet à Momoko Sakura de pousser la satire à l’extrême, en dépouillant le récit de toute emphase émotionnelle ou morale.
🧠 Un manga faussement enfantin, profondément adulte
Sous ses airs de fantaisie douce, Coji-Coji s’adresse clairement à un lectorat adulte. Le manga ne cherche ni à rassurer ni à expliquer. Il expose une vision désenchantée du monde, où l’absurde est la norme et où le bonheur passe par le refus de jouer un rôle imposé. L’absence de chute ou de morale accentue ce sentiment de malaise doux-amer, signature de l’œuvre.
🌈 Un objet étrange, libre et profondément singulier
Coji-Coji tome 1 est un manga déroutant, parfois inconfortable, mais profondément sincère. Une œuvre qui ne raconte presque rien, mais dit beaucoup. Un joyau satirique à part, destiné avant tout aux lecteurs curieux, sensibles à l’absurde et aux propositions narratives hors normes.
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