C’est un événement que peu de lecteurs osaient encore espérer : Immortal Hounds est enfin disponible dans son intégralité en France, avec la parution de son tome 7, dernier volume de la série, aux éditions Ki-oon. Une sortie qui vient clore une attente interminable, tant ce manga de science-fiction nerveuse et politique semblait condamné à rester inachevé sur nos étagères.
Lancée en 2016, la série de Ryo Yasohachi avait brutalement disparu des radars après la publication du tome 6 en 2018. Entre pauses éditoriales, délais japonais et projets annexes de l’auteur, il aura fallu plus de sept ans pour que cette conclusion voie enfin le jour en version française. Un contexte qui rend la lecture de ce dernier volume aussi excitante que délicate, tant la mémoire des événements peut s’être estompée.
🧩 Un début surprenant avant le retour aux enjeux majeurs
Fait étonnant, ce tome final débute par une quarantaine de pages de chapitres bonus, aux tons variés. Certains se veulent légers, d’autres plus dispensables, mais l’ensemble agit comme une respiration avant de replonger dans le cœur du récit. Une transition inhabituelle, presque déconcertante, mais qui prépare le terrain avant les révélations majeures.
Très vite, le récit reprend là où il s’était arrêté : l’alliance improbable entre la police et l’UNDO a porté ses fruits, et la vérité sur le SDR, ce système qui régit l’avenir de l’humanité, commence enfin à éclater au grand jour. Ce qui n’était qu’un mystère technologique se révèle être une faille systémique, soulevant des questions vertigineuses sur le libre arbitre, la responsabilité et la légitimité d’un monde contrôlé par des algorithmes.

🧠 Révélations, idéologie et choix moraux
Ce dernier volume assume pleinement son rôle de tome explicatif. Les échanges sont nombreux, parfois très bavards, mais indispensables. L’auteur s’attache à apporter des réponses claires : origines du système, rôle réel de Maman, liens entre les différentes factions, place de Rin dans cet engrenage artificiel.
Ces révélations s’accompagnent de conflits idéologiques forts. Même lorsque les personnages poursuivent un objectif commun, leurs méthodes divergent radicalement, mettant en lumière une réflexion mature sur les moyens employés au nom du bien collectif. L’immortalité, déjà au cœur de la série, est ici interrogée comme une malédiction autant qu’un privilège, tandis que les thèmes de l’intelligence artificielle, de la prédiction et du contrôle social résonnent de manière très contemporaine.
⚠️ Un rythme inégal mais une vision assumée
Le principal défaut de ce tome réside dans son rythme déséquilibré. Les séquences d’action, toujours efficaces et visuellement percutantes, peinent à compenser la densité des dialogues. On peut regretter que l’auteur n’ait pas bénéficié de davantage de pages pour mieux étaler ses idées et laisser respirer ses concepts.
La conclusion, elle-même, pourra frustrer certains lecteurs : Immortal Hounds s’achève presque au moment où une nouvelle ère semble s’ouvrir. La rébellion promise reste en grande partie hors-champ, laissant un sentiment d’inachevé… volontaire ou non.
🖋️ Une fin imparfaite mais sincère
Malgré ces réserves, difficile de nier l’implication totale de Yasohachi, perceptible jusque dans la longue postface. Ce tome 7 conclut dignement un manga ambitieux, intelligent et souvent audacieux. Entre frustration et satisfaction, c’est finalement la richesse thématique et la cohérence globale qui l’emportent.
On referme ce dernier volume avec l’impression d’avoir assisté à la fin d’un cycle, et l’espoir, peut-être vain, de voir un jour le spin-off Shinazu no Ryôsen paraître en France.
Le manga Immortal Hounds (tome 7), est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 7.95€

