Dans ce tome 6 de Lili-Men, les forces de Marsa lancent une offensive massive contre l’école censée abriter Big Daddy et ses enfants.
Problème : la majorité des cibles a disparu. Seul l’un des fils du chef des succubes musculaires oppose une résistance féroce à la troupe d’éradication, mettant en grande difficulté les combattants sur place.
Pendant ce temps, l’absence quasi totale de défense au QG de Marsa ouvre une brèche dangereuse. Ceux qui sont traqués ailleurs se dirigent en réalité vers le cœur même de l’ennemi, prêts à transformer l’opération en véritable bain de sang.

🔥 Un renversement de situation efficace mais mal rythmé
L’idée centrale de ce volume fonctionne : frapper l’adversaire là où il est vulnérable pendant qu’il mobilise toutes ses forces ailleurs. Ce schéma, certes déjà vu, reste pertinent lorsqu’il est bien exploité. Ici, l’intention est claire et même séduisante.
Malheureusement, la narration peine à maintenir la tension. La première partie du tome, qui reprend un affrontement déjà engagé précédemment, s’étire inutilement. Lorsque le plan de Big Daddy entre enfin en action et que le massacre commence au sein du QG, le récit aurait dû décoller… mais il se freine constamment.
🎭 Des personnages toujours aussi difficiles à apprécier
L’auteur multiplie les détours, introduisant des personnages secondaires qui cassent le rythme au lieu de l’enrichir. Le concept du “gardien” de la forteresse de Marsa intrigue un instant, avant de retomber rapidement, faute d’impact réel.
La mise en avant de figures volontairement imparfaites, ces anti-héros perdants que l’auteur affectionne, aurait pu apporter une vraie singularité au titre. Dans les faits, cela ne fonctionne toujours pas. Nito, notamment, reste peu attachant malgré son rôle central dans la défense de Marsa.
Pire encore, certains choix esthétiques frôlent le malaise, notamment avec l’introduction d’un personnage féminin hypersexualisé, présenté de manière insistante. L’idée aurait pu servir le propos, mais son traitement paraît maladroit, voire inutilement provocateur.
✏️ Un univers sombre qui peine à s’émanciper
Visuellement, Lili-Men conserve une atmosphère oppressante qui traduit bien la brutalité de son monde. Les décors et les scènes de combat font le travail, sans toutefois transcender le récit. Le dessin reste correct, mais ne compense jamais les faiblesses de la narration.
La comparaison avec Tokyo Ghoul reste omniprésente. Malgré quelques tentatives pour s’en détacher, la série peine encore à affirmer une identité propre, ce qui devient de plus en plus problématique à ce stade de la publication.
📉 Une frustration amplifiée par le tome précédent
Le plus regrettable reste le contraste avec le volume précédent, qui avait réussi à relancer l’intérêt et à faire espérer une montée en puissance durable. Ce tome 6 brise cet élan, laissant l’impression d’un retour en arrière, tant sur le plan narratif que sur celui de l’émotion.
📝 Notre Avis
De bonnes idées stratégiques, mais une exécution lourde, un rythme haché et des personnages qui peinent toujours à convaincre. Après un tome 5 prometteur, Lili-Men retombe dans ses travers.
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