Après l’affrontement intense contre l’ancienne divinité maléfique, on pouvait légitimement s’attendre à une suite directe, dans la continuité dramatique du tome précédent. Pourtant, Phantom Busters tome 4 prend une direction bien plus surprenante. Le volume adopte une structure fragmentée, composée de chapitres quasi indépendants, donnant parfois l’impression de lire plusieurs mini-histoires plutôt qu’un arc narratif cohérent.
Ce choix scénaristique crée une lecture très inégale. Lorsque le manga se recentre sur son cœur de proposition – les esprits, les exorcismes et les règles du monde occulte – il se montre toujours aussi efficace. L’ambiance surnaturelle fonctionne, la tension est bien installée et l’identité de la série reste intacte. En revanche, certains détours narratifs, notamment autour d’un festival et d’un groupe de musique, ralentissent nettement le rythme et donnent une sensation de remplissage, au détriment de l’immersion.
🧪 Mamoru Charles de Noir : une excellente idée sous-exploitée
L’un des fils conducteurs du tome repose sur une contrainte administrative aussi absurde que cruciale : pour éviter la fusion avec le club de recherches sur l’occulte – une bande d’étudiants jaloux et franchement peu recommandables – les Phantom Busters doivent impérativement se trouver un professeur référent.
C’est là qu’entre en scène Mamoru Charles de Noir, professeur de chimie à l’apparence totalement improbable. 🧑🔬 Son introduction est sans doute l’un des meilleurs moments du tome. Le personnage est excessif, théâtral, délicieusement absurde, et son implication dans un exorcisme improvisé dans un café donne lieu à des scènes aussi drôles qu’inattendues.
Malheureusement, cet élément pourtant très prometteur n’est pas suffisamment creusé. Le personnage disparaît presque aussi vite qu’il est arrivé, laissant un sentiment de frustration. Il y avait là matière à enrichir durablement la dynamique du groupe et à renforcer l’identité décalée de la série.

⚔️ Quand l’action revient, Phantom Busters retrouve sa force
Heureusement, le dernier chapitre du tome vient redresser la barre. Le récit bascule enfin vers quelque chose de plus sérieux, avec l’amorce d’un conflit entre deux clans d’exorcistes. Les enjeux montent clairement d’un cran, l’action reprend ses droits et le groupe est confronté à une menace bien plus structurée.
Ce final permet également d’en apprendre davantage sur le passé de Kotaro, apportant une profondeur émotionnelle bienvenue. L’amitié entre les membres du groupe est mise en avant, dans un mélange de tension réelle et de n’importe quoi assumé, signature de Phantom Busters. Cette conclusion, plus dense et plus cohérente, donne enfin le sentiment que la série reprend une trajectoire claire, et elle suscite une réelle attente pour la suite.
📖 Un tome de transition imparfait mais prometteur
En définitive, Phantom Busters tome 4 ressemble fortement à un tome de transition. Il contient de très bonnes idées, quelques scènes mémorables et un final solide, mais souffre d’un manque de cohésion globale. Les détours narratifs ne sont pas toujours pertinents, et certains concepts auraient mérité un développement plus ambitieux.
Reste que la série conserve un potentiel indéniable, et que les bases posées en fin de volume laissent espérer un tome 5 bien plus percutant.
Le manga Phantom Busters (Tome 4), est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 6.95€

