Avec Green Mechanic, les éditions Ki-oon confirment leur volonté de soutenir la création originale francophone. Imaginée par Yami Shin, la série s’inscrit dans la lignée des œuvres révélées via le tremplin de l’éditeur, tout en affirmant une ambition claire : proposer un récit de science-fiction accessible, rythmé et émotionnellement impliquant.
Dès les premières pages, l’univers s’impose sans détour. L’Humanité n’occupe plus qu’une unique mégapole, cernée par des étendues arides. Robots, humains et entités appelées Ersatz cohabitent dans une tension permanente, surveillés par une force armée chargée d’éliminer toute menace jugée non humaine.
🌍 Une rencontre fondatrice
Le récit s’articule autour de Misha, adolescente solitaire dotée d’une hypersensibilité émotionnelle peu commune. Sa vie bascule lorsqu’elle découvre Reborn, un robot capable de modifier son apparence, abandonné hors des murs de la cité et privé de souvenirs.
Pour le protéger, Misha l’aide à adopter une forme humaine, inspirée d’un visage qui lui est cher. Ce choix narratif installe immédiatement une dimension intime au récit et crée un lien fort entre les deux protagonistes. Très vite, le lecteur comprend que leur relation sera le moteur émotionnel de l’histoire.
⚙️ Identité, danger et choix moraux
Au fil des chapitres, Green Mechanic explore la peur de l’Autre et la notion d’humanité à travers les Ersatz, êtres traqués et perçus comme des monstres. Grâce à son don, Misha ressent leur souffrance, ce qui l’amène à remettre en question le discours officiel et la violence systématique exercée contre eux.
Son engagement au sein des Renforts, unité chargée de défendre la ville, marque une rupture nette dans son évolution. Elle n’est plus spectatrice : elle agit, doute, se trompe, mais avance. Cette progression est crédible et évite l’écueil de l’héroïne passive ou idéalisée.
🧩 Un groupe qui fonctionne
Les personnages secondaires enrichissent efficacement le récit. Neil et Setsuna apportent une énergie plus brute, parfois conflictuelle, laissant entrevoir un passé encore obscur. Bouchon, robot compagnon à l’apparence inattendue, équilibre l’ensemble par des touches d’humour bien dosées.
Reborn, quant à lui, se distingue par son comportement posé, presque détaché, contrastant avec les enjeux violents du monde qui l’entoure. Sa curiosité et son sens du sacrifice en font un personnage central, bien plus qu’un simple soutien narratif.
🎨 Une patte graphique affirmée
Le dessin se révèle clair, expressif et efficace dans les scènes d’action. Les combats sont lisibles, les émotions passent par les regards et les postures, et l’ensemble bénéficie d’une mise en scène fluide. L’écriture des dialogues, très naturelle, trahit une sensibilité européenne assumée qui donne à l’œuvre une vraie singularité.
⭐ Un manga convaincant
Sans révolutionner le genre, Green Mechanic réussit là où beaucoup échouent : installer un univers cohérent, proposer des personnages crédibles et donner envie de découvrir la suite. Ce premier volume pose des bases solides et laisse entrevoir un développement narratif prometteur.
Une lecture efficace, sincère et portée par une vraie identité.
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