Quitter Paris à 13 ans pour aller vivre dans une ferme familiale au fin fond de la Bretagne : pour Aléa, difficile d’imaginer pire scénario. Jusqu’ici, le jeune garçon rêvait de devenir influenceur et vivait avec les habitudes d’un adolescent parisien. Mais lorsque ses parents se séparent, sa mère n’a d’autre choix que de retourner dans sa famille, loin de la capitale.
Pour Aléa, ce changement n’est pas une aventure champêtre. C’est une catastrophe.
🏡 Quand la campagne devient une punition
Du jour au lendemain, Aléa doit abandonner ses repères et partager le quotidien de son grand-père, un homme plutôt bourru, de son oncle et de ses deux cousines.
Et forcément, la rencontre est explosive.
Le jeune garçon regarde ce nouvel environnement avec les yeux d’un adolescent qui n’a absolument pas choisi sa nouvelle vie. Entre son téléphone, ses habitudes et ses ambitions personnelles, il ne comprend pas vraiment ce qu’il pourrait bien aller chercher dans cette ferme.
La campagne devient donc rapidement synonyme de contraintes, tandis que les habitants sont perçus comme des « ploucs » par un garçon qui ne demande qu’une chose : retrouver son ancienne existence.
Le sujet du déracinement n’est évidemment pas nouveau, mais Les Aléas de la vie l’aborde avec suffisamment de simplicité pour que l’on s’attache progressivement à son jeune héros.
👦 Un adolescent pas toujours facile à aimer
C’est probablement l’une des réussites du récit : Aléa n’est pas immédiatement présenté comme un personnage sympathique.
Il est râleur, juge rapidement ce qu’il ne connaît pas et rejette en bloc ce nouvel environnement. Mais derrière cette attitude se cache surtout un adolescent qui subit une décision prise par les adultes.
Ses réactions deviennent alors plus compréhensibles.
Au fil des pages, les relations évoluent et la famille prend progressivement davantage de place. On découvre les personnages, leurs caractères et leurs propres histoires, tandis qu’Aléa commence doucement à modifier son regard sur ce monde qu’il rejetait au départ.
🔎 Un petit secret pour pimenter l’ensemble
L’histoire ne repose heureusement pas uniquement sur le conflit entre Paris et campagne.
Un secret de famille semble se cacher derrière cette histoire et constitue l’un des principaux éléments qui donnent envie de poursuivre la lecture.
Ce mystère n’est pas forcément révolutionnaire et le récit ne cherche pas à transformer cette histoire familiale en thriller. Mais il apporte une petite dose de curiosité bienvenue et permet au roman graphique de dépasser légèrement le simple récit initiatique.
On a envie de comprendre ce que cache cette famille et surtout de savoir comment Aléa va finir par trouver sa place parmi eux.
🎨 Un dessin qui fait beaucoup
Si l’intrigue reste assez classique, le dessin constitue indéniablement l’un des points forts de l’album.
Les planches sont lumineuses, aérées et particulièrement agréables à parcourir. La mise en page sait également varier les compositions sans jamais sacrifier la lisibilité.
Cette dimension visuelle correspond parfaitement au ton général du récit. Il y a quelque chose de doux et de chaleureux dans les décors comme dans les personnages, ce qui renforce le côté feel-good de l’ensemble.
C’est aussi ce travail graphique qui permet aux émotions de fonctionner sans que le récit ait besoin d’en faire trop.
❤️ Une lecture agréable, sans grande surprise
Il ne faut toutefois pas attendre de Les Aléas de la vie une histoire qui va bouleverser les codes du genre.
Les thèmes abordés sont connus : séparation des parents, adolescence, déracinement, famille, adaptation et découverte d’un nouvel environnement. Le scénario emprunte donc des chemins relativement balisés.
Mais ce n’est finalement pas très grave.
L’album ne cherche pas forcément à provoquer de grands moments lacrymaux. Il préfère installer ses personnages, prendre le temps de faire évoluer les relations et proposer une lecture accessible et chaleureuse.
Et une fois que l’on s’est attaché à Aléa, on suit son parcours avec suffisamment de plaisir pour avoir envie de connaître la suite.
Les Aléas de la vie est donc un roman graphique agréable et joliment réalisé, qui mise davantage sur ses personnages et son ambiance que sur une intrigue particulièrement originale.
Le scénario reste prévisible par moments et les thématiques abordées n’ont rien de révolutionnaire. En revanche, le dessin est réussi, la galerie de personnages fonctionne et le secret familial apporte juste ce qu’il faut de curiosité pour maintenir l’intérêt.
Une lecture feel-good, accessible et sans prétention, idéale pour celles et ceux qui apprécient les histoires de famille et les récits d’adolescence accompagnés d’une belle touche de douceur.
Le roman graphique Delcourt, Les Aléas de la vie est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 19.50€

