Avis Comics – The Banks (Panini Comics)


Nouvelle plongée dans l’univers TKO Comics qui revisite tous les genres avec une maîtrise sans pareille. C’est cette fois le film de casse qui sert d’inspiration à cette saga complète résolument féministe, scénarisée par Roxane Gay, autrice, éditorialiste au New-York Times et essayiste, également lauréate d’un Eisner Award pour la série Marvel World of Wakanda (meilleure mini-série).

Résumé : Les femmes de la famille Banks sont les braqueuses les plus talentueuses de Chicago. Quand l’occasion de venger un être aimé leur est offerte, elles prennent tous les risques dans un casse gigantesque, pour que justice soit faite. 

Avis Comics – The Banks (Panini Comics)

The Banks est l’une des séries les plus médiatisées de TKO Studios de sa deuxième vague de sorties, et cela est en grande partie dû à l’équipe créative. Roxane Gay est un auteur à succès du New York Times, Ming Doyle est l’un des artistes les plus talentueux de l’industrie et Jordie Bellaire est sans doute le coloriste le plus talentueux de la bande dessinée. Ensemble, ils ont conçu une histoire captivante sur trois générations de femmes noires planifiant le casse de leur vie.

Le concept de The Banks intrigue immédiatement, Celia, une banquière d’investissement, reprend contact avec sa mère et sa grand-mère, toutes deux cambrioleuses de carrière, pour voler des millions de dollars au client le plus riche de son entreprise, qui se trouve être protégé par l’homme qui a tué son grand-père. Il est intéressant de noter que Celia a tourné le dos à sa famille à cause de son passé criminel, mais qu’elle a finalement choisi une profession qui fait plus de mal au public que n’importe quel escroc. Son choix de travail et son enthousiasme à planifier un cambriolage suggèrent que Celia ressemble plus à sa mère Cor et à sa grand-mère Clara qu’elle ne veut bien l’admettre.

L’histoire remonte à 40 ans pour montrer Clara rencontrant Melvin Banks, l’homme qui allait devenir son mari. Melvin l’attire dans une vie de crime et lorsqu’il est pris en flagrant délit, la laisse seule pour élever leur enfant. Mais cela n’a pas dissuadé Clara de devenir elle-même une cambrioleuse, ni même d’élever sa fille pour qu’elle rejoigne l’entreprise familiale. Dans The Banks, Ming Doyle s’est taillé une niche intéressante en tant qu’artiste d’histoires policières des années 70. Elle capture parfaitement l’esthétique et les vêtements des années 70 de l’époque, c’est donc un créneau qui lui sert bien.

Ce qui rend la série si spéciale, c’est la façon dont elle présente les expériences de chacune des trois femmes. Chacune est radicalement différente en raison de leur date de naissance et de la façon dont elles ont été traitées en tant que femmes noires. C’est pourquoi, malgré leurs similitudes, Celia et Clara se mélangent comme l’huile et l’eau. Ils ont des points de vue contradictoires sur le monde parce qu’ils ont grandi dans des environnements très différents. La dynamique entre les deux est l’élément le plus fascinant de l’histoire. Les scènes où ils partagent une pièce sont à bien des égards plus excitantes que le casse lui-même, grâce au dialogue tranchant de Gay et aux émotions subtiles que Doyle arrive à capturer sur les pages.

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Comme toute bonne histoire de cambriolage, l’action s’intensifie vers la fin avec des confrontations et des moyens intelligents de déjouer leurs ennemis. La fin est inattendue et peut-être un peu convenue pour certains lecteurs, ce la va dépendre mais une chose est certaine, The Banks est passionnant. Contrairement à la plupart des histoires de casse, l’intrigue n’est pas l’élément central, les personnages sont le cœur du récit. On se souviendra finalement de ce comics pour ses trois grandes dames, les leçons qu’elles ont apprises et ce que les lecteurs eux-mêmes peuvent retirer de la série.

Le comics The Banks est d’ores et déjà disponible dans toutes les bonnes librairies au prix de 19.95€