Le démon d’Akira est désormais libre, et rien ne semble pouvoir arrêter sa progression ! Dans ce 17e tome d’Ender Geister, Takashi Yomoyama propulse Suzu et Tomori dans une confrontation particulièrement dangereuse. Entre un adversaire capable d’exploiter les facultés de son hôte, des enjeux qui ne cessent de s’intensifier et des révélations sur le passé des personnages, ce nouveau volume possède de solides arguments pour séduire les amateurs de manga d’action et de fantastique. Mais quelques choix de narration viennent aussi freiner son efficacité.
👹 Un démon presque impossible à arrêter
Le sceau qui retenait le démon d’Akira Kurosawa a été brisé. Désormais maître du corps de son hôte, l’entité maléfique peut laisser libre cours à sa puissance, avec un objectif bien précis en tête. Sur les terres du clan Tengan, la situation devient critique : Suzu et Tomori doivent agir rapidement pour empêcher la créature de parvenir à ses fins.
Le problème ? Le démon possède les capacités physiques et intellectuelles d’Akira, ce qui en fait un adversaire particulièrement difficile à déstabiliser. Les techniques habituelles ne suffisent plus, et même les attaques empoisonnées de Suzu ne permettent pas de prendre durablement l’avantage. La créature est capable de s’adapter, d’analyser les méthodes employées contre elle et de reproduire certaines aptitudes de son hôte.
Autant dire que les chances de victoire paraissent bien minces. Akira ne peut pas intervenir normalement puisqu’il est lui-même possédé, tandis que les obstacles spirituels compliquent les possibilités de contact avec Chikage. Pour Suzu, chaque décision devient potentiellement fatale.
Le rapport de force est clairement défavorable aux héros, et c’est précisément ce qui rend cette première partie aussi prenante. Suzu ne peut pas simplement compter sur une explosion de puissance pour inverser la situation. Elle doit observer son adversaire, comprendre ses limites et gagner suffisamment de temps pour permettre aux autres de trouver une issue.
Le manga installe ainsi une tension efficace, dans laquelle le moindre faux pas peut avoir des conséquences dramatiques. L’urgence est palpable et le danger paraît suffisamment sérieux pour donner du poids aux affrontements.

⚔️ Suzu, une combattante au premier plan
Ce tome 17 offre surtout une place de choix à Suzu, qui s’impose progressivement comme l’un des personnages les plus intéressants de cette séquence. Face à une créature qui semble disposer de tous les avantages, la jeune femme doit compenser son manque d’informations par son sang-froid et sa capacité à improviser.
Son attitude contribue largement à l’intensité du récit. Elle sait que la moindre erreur pourrait lui coûter la vie, mais refuse pour autant de céder à la panique. Cette détermination ne la rend pas invincible : elle souligne plutôt la difficulté d’une confrontation où la force brute ne suffit pas.
Le volume profite également de cette situation pour dévoiler quelques éléments du passé de Suzu, notamment son rapport compliqué avec son clan d’origine. Ces retours sur son histoire personnelle apportent des nuances à son personnage et permettent de mieux comprendre certains aspects de son comportement.
Du côté de Tomori, la mission consiste notamment à ramener le chef du clan Tengan afin de soutenir les efforts engagés contre le démon. Les personnages doivent donc poursuivre des objectifs complémentaires, tandis que leurs décisions peuvent influencer l’issue de cette crise.
L’ensemble donne à cette partie une dimension stratégique appréciable. Les héros ne peuvent pas simplement foncer tête baissée : il leur faut coordonner leurs actions et composer avec des informations incomplètes.
🩸 Une action brutale, mais un rythme parfois malmené
Sur le plan du spectacle, Ender Geister conserve ce qui fait sa force : des affrontements violents, des pouvoirs surnaturels et des situations où les protagonistes semblent constamment repoussés dans leurs derniers retranchements.
La progression de l’intrigue permet de maintenir une vraie pression. Même lorsque Suzu et Tomori tentent de reprendre l’initiative, le danger reste présent. Le recours à des personnages mystérieux, susceptibles de devenir des alliés sans que leurs intentions soient parfaitement claires, ajoute également une part d’incertitude à la suite des événements.
Pourtant, alors que cette confrontation semblait parfaitement lancée, Takashi Yomoyama fait plusieurs choix narratifs qui affaiblissent le rythme du volume.
Les flashbacks arrivent parfois de manière abrupte, au milieu de séquences qui avaient réussi à installer un suspense intense. Ces retours en arrière ne sont pas inutiles : ils éclairent certains événements, précisent les motivations de plusieurs personnages et offrent un nouvel éclairage sur le parcours d’Akira, autrefois connu sous le nom de Dominic.
Le problème tient davantage à leur placement et à leur durée. Au moment où l’affrontement réclame une progression continue, le récit s’interrompt pour revenir sur des éléments du passé. Ces informations peuvent être intéressantes, mais leur insertion donne parfois l’impression de couper l’élan de l’action plutôt que de l’enrichir.
Le suspense perd alors une partie de son impact, et certaines scènes auraient probablement gagné à être réparties autrement dans le récit.
🧩 Des révélations utiles, mais pas toujours bien amenées
Il serait cependant injuste de réduire ces retours en arrière à de simples détours inutiles. Ils participent à la construction de l’histoire et permettent de préciser des éléments qui prennent une nouvelle signification dans le contexte actuel.
L’évolution d’Akira et les différentes facettes de son identité restent importantes pour comprendre la menace que représente le démon. En revenant sur certains événements, l’auteur cherche à enrichir la lecture du conflit présent et à donner davantage de profondeur à ses enjeux.
Le souci vient surtout de l’équilibre entre révélation scénaristique et progression dramatique. Dans un volume porté par une menace immédiate, chaque détour devrait renforcer la tension ou préparer une conséquence importante. Or, plusieurs passages semblent arriver au mauvais moment, alors que l’action aurait mérité de conserver toute sa place.
Ce choix ne rend pas le tome inintéressant, mais il explique pourquoi cette lecture laisse une impression contrastée. Les ingrédients sont réunis pour proposer un épisode marquant, avec un ennemi particulièrement menaçant et des personnages confrontés à leurs limites. Pourtant, l’enchaînement des séquences manque parfois de fluidité.
📖 Verdict : un tome intense qui peine à maintenir son élan
Avec ce tome 17 d’Ender Geister, Takashi Yomoyama poursuit un arc narratif où les héros affrontent une menace particulièrement difficile à contenir. La possession d’Akira donne naissance à un adversaire redoutable, tandis que Suzu profite de cette situation pour affirmer son caractère et gagner en profondeur.
Les scènes d’action, la brutalité des affrontements et le danger omniprésent constituent les principaux atouts de ce volume. L’histoire personnelle de Suzu et les informations dévoilées sur Akira enrichissent également l’ensemble, même si elles ne sont pas toujours introduites au meilleur moment.
C’est finalement le rythme qui empêche ce tome de pleinement exploiter son potentiel. Les flashbacks coupent parfois l’élan narratif et atténuent la tension d’une confrontation qui semblait pourtant très bien engagée.
La situation reste suffisamment ouverte pour donner envie de découvrir la suite, d’autant que la menace du démon paraît encore loin d’avoir livré toutes ses conséquences.
Notre avis : un manga d’action fantastique qui reste prenant grâce à son antagoniste redoutable et à la présence de Suzu, mais dont la narration aurait gagné à être plus fluide. Un volume intéressant pour les lecteurs de la série, en attendant que les prochains chapitres donnent un nouvel élan à cet affrontement.
Le manga Ender Geister (Tome 17), est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 7.90€

