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Avis manga – Un second au revoir (tome 1)

La nouvelle série de la collection « Moonlight » des éditions Delcourt/Tonkam s’étoffe ce mois-ci avec l’arrivée d’une série en cours de parution au Japon : Un second au revoir, œuvre du duo Tomo Tanaka pour le scénario et Takomaru Takogawa pour les dessins. Cette création a vu le jour dans la revue mensuelle Big Gangan des éditions Square Enix en avril 2022.

Avis manga – Un second au revoir (tome 1)

Le protagoniste, Hinata Harusawa, un graphiste de vingt-cinq ans, éprouve des difficultés à s’affirmer dans sa carrière et sa vie personnelle. Un appel inattendu d’un ancien camarade de classe bouleverse sa vie en lui révélant une terrible nouvelle : la mort huit ans auparavant de son meilleur ami du lycée, Sora Otonashi. Tous deux membres du club d’arts plastiques, la disparition mystérieuse de Sora a laissé derrière elle une lettre énigmatique annonçant son départ. Aujourd’hui, la découverte du corps de Sora pousse Hinata à se rendre à ses funérailles.

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Lors de cette cérémonie, Hinata retrouve ses anciens camarades du club d’arts du lycée, ému par ces retrouvailles. Dans un état de choc, il se retire pour se ressaisir et découvre la dernière œuvre de Sora : un tableau énigmatique renfermant des secrets. Alors que les suspicions d’un possible assassinat planent sur la mort de Sora, Hinata est lui-même attaqué pendant la cérémonie. Il perd connaissance pour se retrouver huit ans en arrière, au sein de la salle de classe du club d’arts. Sora est encore en vie, mais sa disparition reste imminente, programmée dans cent quatre-vingts jours. Hinata a peu de temps pour découvrir la vérité et sauver son ami.

Cependant, le premier volume de cette série n’a pas suscité un enthousiasme débordant. Cette trame, un thriller temporel où un lycéen mène une enquête sur la mort imminente de son ami, semble assez conventionnelle. Le déroulement des événements apparaît banal, voire agaçant par moments, donnant l’impression que le scénariste sous-estime son personnage principal. Hinata, bien que âgé de vingt-cinq ans, semble n’avoir pas évolué depuis son adolescence.

Le voyage temporel sert simplement de prétexte pour tenter de rendre l’histoire originale, sans grande réussite. De plus, l’amitié entre Hinata et Sora, supposée être le pilier central, manque de substance. Aucune complicité entre les deux n’est réellement mise en avant, donnant l’impression qu’ils se connaissent à peine malgré leur appartenance au même club. Cette faiblesse fondamentale entrave la crédibilité de l’ensemble.

Les personnages gravitant autour du club d’arts plastiques se retrouvent tous sous suspicion, d’un rockeur timide à une gothic lolita, donnant une impression de grossièreté et de naïveté à l’ensemble. Le récit manque de cohésion, privant ainsi le lecteur d’une fascination durable. Le cliffhanger du premier volume laisse entrevoir un rebondissement qui pourrait s’avérer décevant dans les chapitres suivants. En termes visuels, la mise en scène est conventionnelle voire ordinaire par moments. Les décors manquent de détails, les personnages demeurent assez stéréotypés.

L’artiste, Takomaru Takogawa, ne parvient pas à captiver par son talent ou son originalité, offrant un contenu basique conforme aux mangas post-2020. Malgré certaines scènes visuellement percutantes liées à la violence, l’ensemble ne se démarque pas par des planches saisissantes ou des cases captivantes. Cette enquête peu captivante associée à un style graphique sobre risque de laisser le lecteur sur sa faim. Un second au revoir ne constitue donc pas le meilleur de la série Big Gangan.

Côté édition chez Delcourt/Tonkam, la présentation est très soignée avec 208 pages dans un format élégant, une jaquette à rabats et un papier de qualité, agrémentés de quelques pages couleurs bienvenues. Cependant, la maquette pourrait induire en erreur avec des airs de boys’ love, alors que cette série appartient au genre seinen où la romance n’a pas sa place, privilégiant le mystère.

Malgré les quelques détails suggérant le thriller, l’adaptation française opte pour une approche plus sobre. Il est vrai que l’apparence ne reflète pas toujours la nature profonde d’une œuvre. Le second tome est attendu l’année prochaine, et malgré les déceptions du premier volume, l’intrigue autour du tableau maudit laisse entrevoir un potentiel d’intérêt pour la suite.

Le manga Un second au revoir (tome 1), est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 8.50€

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