Avec Dogsred Tome 7, Satoru Noda franchit encore un cap dans sa manière de raconter le hockey. Le tournoi national inter-lycées commence enfin et Oinokami n’arrive clairement pas dans les meilleures conditions. Pour Rou, qui doit encore assimiler les fondamentaux de ce sport, la tâche s’annonce déjà compliquée. Mais personne n’avait prévu que le premier match tournerait à une véritable épreuve physique.
Quand Oinokami commence le tournoi avec un sérieux handicap
Avant même que le match ne démarre véritablement, Noda nous réserve une situation pour le moins improbable. Une séquence qui pourrait presque passer pour une nouvelle excentricité de l’auteur finit par avoir des conséquences très concrètes sur l’équipe.
La majorité des joueurs d’Oinokami se retrouvent malades. Seuls six joueurs restent disponibles pour disputer la rencontre.
Le problème est évidemment énorme : ils peuvent jouer, mais ne pourront pas être remplacés. Le premier match du tournoi devient donc autant une confrontation sportive qu’un combat contre l’épuisement.
Et cette contrainte fonctionne particulièrement bien. Elle oblige les joueurs à gérer leur énergie, à faire des choix et à tenir malgré des conditions qui leur sont franchement défavorables.
Un match qui occupe tout le volume
L’essentiel de ce septième tome repose donc sur cette rencontre. Et c’est probablement là que Dogsred impressionne le plus.
Satoru Noda continue d’expliquer le hockey au lecteur, mais il ne transforme jamais son manga en manuel de règles. Les explications accompagnent véritablement l’action et permettent de comprendre ce qui se joue sur la glace.
Surtout, la représentation du match est exceptionnelle.
Noda utilise les ombres des joueurs, les trajectoires du palet, les angles de réception et toute une série d’indications graphiques pour rendre chaque mouvement parfaitement compréhensible. Même lorsque plusieurs joueurs interviennent simultanément, on sait où ils se trouvent, où va le palet et comment l’action évolue.
C’est une prouesse particulièrement importante pour un manga consacré à un sport que beaucoup de lecteurs connaissent finalement assez peu.
Une chorégraphie sportive impressionnante
Ce qui m’a véritablement marqué dans ce tome, c’est la constance de cette mise en scène.
Dans beaucoup de mangas sportifs, certaines séquences peuvent être brillantes, mais il est beaucoup plus rare de maintenir une telle précision pendant l’intégralité d’un match.
Ici, le hockey possède presque une véritable grammaire visuelle. Les déplacements, les accélérations, les changements de direction et les trajectoires du palet deviennent immédiatement lisibles.
Et cela donne au match une vraie fluidité. On ne subit jamais une succession de cases difficiles à décoder : on suit réellement le jeu.
Personnellement, je n’avais encore jamais rencontré une mise en scène aussi poussée sur un match complet dans un manga sportif. Noda semble avoir trouvé une manière particulièrement efficace de familiariser le lecteur avec les spécificités du hockey tout en conservant une vraie tension narrative.
Une tension qui fonctionne jusqu’au bout
Au-delà de la performance graphique, le contenu du match est lui aussi particulièrement prenant.
La situation d’Oinokami suffit à maintenir une pression constante : six joueurs doivent tenir, le tournoi commence à peine et chaque minute supplémentaire peut devenir problématique.
On peut évidemment avoir une petite idée de la direction que prend l’histoire, mais cela n’empêche absolument pas de rester accroché aux événements. Dogsred réussit à transformer les contraintes du match en véritable moteur dramatique.
Et c’est précisément ce qui rend ce volume aussi efficace.
Noda passe encore un cap
Après ce septième tome, une question demeure : cette précision exceptionnelle dans la représentation du hockey sera-t-elle conservée sur la durée ou sert-elle aussi à accompagner progressivement le lecteur dans sa découverte du sport ?
Difficile de le savoir pour l’instant.
Mais une chose est certaine : Satoru Noda maîtrise désormais totalement sa mise en scène du hockey. Ce volume ne repose pas uniquement sur son originalité ou sur ses personnages ; il démontre une vraie maîtrise du langage graphique propre au sport.
J’ai pris énormément de plaisir à suivre cette rencontre. Dogsred Tome 7 est une véritable démonstration de mise en scène sportive, et même sans être particulièrement familier avec le hockey, il est impossible de se perdre dans l’action.
Une belle claque, tout simplement.
Un tome presque entièrement consacré à un match, mais qui parvient à maintenir la tension grâce à une situation particulièrement défavorable. Surtout, Satoru Noda livre ici une mise en scène du hockey remarquable, précise, fluide et incroyablement lisible. Dogsred vient clairement de passer un nouveau cap.
Le manga Dogsred (Tome 7), est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 7.95€

