AccueilDelcourt/TonkamLa fille au blouson léopard : notre avis sur la BD Delcourt

La fille au blouson léopard : notre avis sur la BD Delcourt

Avec La fille au blouson léopard, James Tynion IV et Elsa Charretier proposent une histoire qui ne ressemble pas tout à fait à ce qu’on attend habituellement de l’un ou de l’autre. Derrière une intrigue de tueuse à gages et de poursuites se cache surtout une histoire d’amour compliquée, construite autour de deux femmes que tout semble opposer.

Une création publiée chez Delcourt dans la collection DSTLRY, qui réussit surtout à trouver un équilibre assez séduisant entre émotions, action et humour.

❤️ Quand une tueuse rencontre une écrivaine

Jasper gagne sa vie comme tueuse professionnelle. Autrement dit, son quotidien est assez éloigné de celui de Zara, une écrivaine qui cherche désespérément l’inspiration.

Leur rencontre dans le métro new-yorkais aurait pu rester anecdotique. Elle va pourtant déboucher sur une relation amoureuse.

Mais difficile de construire une histoire tranquille quand l’une des deux personnes passe une bonne partie de son existence à risquer sa vie.

C’est cette contradiction qui donne tout son intérêt au récit.

Zara découvre progressivement une réalité qu’elle ne maîtrise pas, tandis que Jasper doit composer avec quelque chose d’au moins aussi dangereux qu’un contrat d’assassinat : les sentiments.

🔫 Une romance qui ne peut jamais vraiment être tranquille

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que La fille au blouson léopard ne transforme pas cette histoire d’amour en simple romance.

Le thriller reste constamment présent.

Les dangers qui entourent Jasper ne disparaissent jamais, et cette menace permanente donne un autre relief à la relation entre les deux femmes. Il y a quelque chose d’assez paradoxal à voir Zara tenter de comprendre ce qu’elle ressent tout en sachant que la personne dont elle tombe amoureuse évolue dans un univers où la mort fait partie du quotidien.

Le récit trouve ainsi de la place pour l’émotion, l’inquiétude et quelques touches d’ironie, ce qui évite de rendre l’ensemble trop lourd.

✍️ James Tynion IV change de registre

Pour James Tynion IV, le changement est assez intéressant.

L’auteur est particulièrement associé à des récits plus sombres, au fantastique ou au thriller. Ici, il conserve une certaine tension, mais l’intention semble beaucoup plus intime.

L’écriture s’intéresse surtout aux émotions de Zara et à la manière dont elle essaie de les comprendre.

Son activité d’écrivaine devient alors particulièrement intéressante : elle transforme sa propre vie en matière narrative, comme si écrire lui permettait de mettre de l’ordre dans une situation qu’elle ne parvient pas réellement à maîtriser.

Cette approche donne au personnage une vraie personnalité et évite que Zara soit simplement « la compagne de la tueuse ».

🗽 New York comme personnage secondaire

La ville occupe également une place importante.

Le récit ne se contente pas de placer son intrigue à New York pour profiter de quelques décors reconnaissables. Tynion IV fait sentir son attachement à la ville, à travers plusieurs lieux et ambiances qui donnent au récit une dimension presque personnelle.

Cela fonctionne particulièrement bien avec l’histoire d’amour : Jasper et Zara évoluent dans une ville immense, agitée et parfois dangereuse, qui contraste avec les moments beaucoup plus intimes qu’elles partagent.

🎨 Elsa Charretier sublime le duo

Visuellement, c’est évidemment un gros point fort.

Elsa Charretier propose ici un dessin plus épuré que dans certaines de ses précédentes productions, sans perdre ce qui fait sa personnalité.

Les personnages sont immédiatement identifiables et leur apparence correspond parfaitement à leur tempérament. Jasper et Zara n’ont pas besoin de longues explications pour exister graphiquement : leur silhouette, leur attitude et leurs expressions permettent déjà de comprendre beaucoup de choses sur elles.

La colorisation de Jordie Bellaire joue également un rôle important. Les teintes mates modifient l’atmosphère selon les scènes et donnent au récit une vraie variété visuelle.

J’ai particulièrement aimé le travail sur les ombres et les contrastes, qui renforce aussi bien les séquences d’action que les passages plus intimes.

⚡ Un mélange qui fonctionne

Le principal mérite de l’album est finalement son équilibre.

Il y a de l’action, des dangers, une vraie tension autour de Jasper, mais aussi une histoire d’amour qui prend progressivement de la place. Les auteurs ne cherchent pas à choisir entre thriller et romance : ils utilisent l’un pour nourrir l’autre.

Et cela donne un album assez agréable à lire, avec un ton qui peut passer de la tension à l’émotion puis à une petite touche d’humour sans que le mélange paraisse forcé.

🐆 Une belle surprise

La fille au blouson léopard m’a surtout plu parce que le duo créatif prend le temps de donner une vraie existence à ses deux héroïnes.

Jasper n’est pas seulement une machine à tuer et Zara n’est pas simplement une jeune femme fascinée par une vie dangereuse. Leur relation devient le véritable moteur du récit, avec ses hésitations, ses peurs et ses moments plus légers.

Le résultat n’est peut-être pas le thriller le plus brutal que James Tynion IV ait pu écrire, mais ce n’est clairement pas son objectif.

C’est une BD qui préfère faire cohabiter le danger et les sentiments, avec une belle réussite graphique derrière.

Une romance sous tension qui réussit à mélanger efficacement thriller, action, humour et émotions. James Tynion IV propose ici un récit plus intime que ses productions les plus sombres, tandis qu’Elsa Charretier offre un travail graphique particulièrement séduisant, renforcé par les couleurs de Jordie Bellaire. Le duo Jasper/Zara fonctionne très bien et donne à cette création DSTLRY une vraie personnalité.

La BD La fille au blouson léopard, est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 25.50€

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