Publié aux éditions Soleil, À faire peur – Le train de la mort propose un nouveau récit indépendant dans cette série jeunesse qui se déroule dans la mystérieuse ville de Trouillensac. L’album s’inscrit dans un concept simple : chaque tome raconte une histoire autonome destinée à faire frissonner les jeunes lecteurs.
🎡 Une fête foraine qui tourne au cauchemar
Dans cette aventure, Julie emmène son petit frère Quentin à la fête foraine de Trouillensac. Après avoir remporté un pingouin en peluche au stand de tir, ils décident de monter dans « le train de la mort », un manège réputé pour être particulièrement effrayant.
Malgré ses airs courageux, Quentin est loin d’être rassuré. La présence du poinçonneur de tickets, un étrange personnage à tête de citrouille, ne fait qu’accentuer l’ambiance inquiétante. Celui-ci annonce même aux passagers que la mort sera au rendez-vous.
Dans leur session, plusieurs autres visiteurs prennent place : un jeune couple, un enfant accompagné de son oncle, et une vieille dame avec un jeune homme blessé qui se déplace avec une béquille. Lorsque le train démarre et s’enfonce dans l’obscurité du parcours, personne n’est vraiment serein.
Après quelques accélérations dignes de montagnes russes, le train s’arrête soudainement dans un décor bucolique artificiel. Les passagers doivent descendre et participer à une étrange épreuve : le dernier arrivé en haut d’une colline sera éliminé.

👻 Un concept original mais très extravagant
La série À faire peur repose sur une idée intéressante : toutes les histoires se déroulent à Trouillensac, une ville fictive regroupant de nombreux lieux typiques des récits d’horreur. Le plan présenté dans les pages de garde dévoile ainsi un décor rempli de clichés du genre : château en ruine, marécage, pensionnat abandonné, barrage menaçant ou encore cimetière.
Dans ce deuxième épisode, le décor choisi est celui d’une fête foraine et d’un train fantôme. Mais le manège imaginé ici dépasse rapidement toute logique. Les défis imposés aux participants deviennent de plus en plus extravagants et semblent relever davantage des cauchemars ou des angoisses intimes que d’un simple parc d’attractions.
Cette approche donne au récit une dimension très démesurée, avec des situations spectaculaires qui n’ont aucune véritable vraisemblance.
🎨 Un style graphique efficace mais très formaté
Le dessin est assuré par Arianna Farricella, avec une direction artistique de Paul Drouin. L’ensemble adopte un style graphique assez académique, clairement pensé pour accentuer les ambiances et les scènes spectaculaires.
Les décors et les situations extravagantes — comme certaines catastrophes improbables ou des visions absurdes — sont mis en avant avec efficacité. L’illustration répond ainsi parfaitement à l’aspect spectaculaire du récit.
⭐ Une lecture qui peine à provoquer la peur
Malgré son concept prometteur, À faire peur – le train de la mort ne parvient pas vraiment à générer de véritable frisson. L’exagération des situations et le caractère parfois incohérent des épreuves donnent plutôt l’impression d’une succession d’idées étranges que d’une montée de tension.
L’album oscille entre une approche très douce de la peur destinée aux jeunes lecteurs et des situations parfois plus cruelles ou moralement ambiguës, ce qui crée un contraste un peu déroutant.
Au final, ce deuxième tome propose un spectacle visuel extravagant mais laisse un sentiment mitigé, l’histoire peinant à trouver un équilibre entre frisson, humour et aventure.
La BD A faire peur – le train de la mort, est disponible dès maintenant dans toutes les bonnes librairies au prix de 11.50€

