Avis Manga – La déchéance d’un homme (tome 2)


Personne ne pourra dire qu’après l’avoir lu « La déchéance d’un homme« , qu’il voit toujours le monde et l’Homme de la même façon qu’avant. Plongé dans le Japon des années 30, on suit le « héros » de cette histoire dans la déchéance qu’est sa vie.

Une magnifique démonstration de l’inconsistance d’un caractère qui mène un homme a sa perte. Un livre sensible qui explore au mieux les passions humaines. La déchéance d’un homme, revient dans un tome 2 orchestré magistralement par le maitre Junji Itô

Résumé : « Je suis devenu bouffon. C’était mon ultime demande adressée aux hommes. Extérieurement, le sourire ne me quittait pas ; intérieurement, en revanche, c’était le désespoir. » Ainsi se présente Yôzô, né dans une famille riche du nord du Japon, qui veut être peintre, abandonne ses études au lycée de Tôkyô pour travailler dans des ateliers, mais s’initie plus vite au saké et aux filles qu’au dessin et à la peinture.

D’amours malheureuses en amours malheureuses, après n’avoir été qu’un médiocre caricaturiste de revues de second ordre, il échoue à vingt-sept ans, malade, tel un vieillard, dans une vieille chaumière, irréparable d’où il rédige l’histoire de sa vie, « vécue dans la honte », et alors qu’il ne connaît plus désormais ni le bonheur ni le malheur.

Avis Manga – La déchéance d’un homme (tome 2)

Ningen Shikkaku (traduit par « La déchéance d’un homme » en Français) reste encore aujourd’hui l’un des romans les plus lus et les plus acclamés par la critique au Japon. Ningen Shikkaku (La déchéance d’un homme) a déjà été traduit en anglais par Donald Keene (sous le titre de No Longer Human), mais La dernière traduction de Mark Gibeau offre une traduction plus légère et rafraichissante de l’œuvre de ce classique japonais.

Le manga La déchéance d’un homme est composé de trois journaux racontés par Yozo, le personnage présent sur les jaquettes ci-dessus. Chronique de son enfance, de sa jeunesse et de son âge adulte, le manga est éclair le fonctionnement interne analyse d’un paria social dostoïevskien alors qu’il lutte pour trouver une connexion et un sentiment d’estime de soi dans sa vie aliénée et solitaire.

Initialement publié en série en 1948, La déchéance d’un homme (Ningen Shikkaku) est apparu pour la première fois à un seuil de la littérature japonaise : tout au long du début du XXe siècle, et en particulier après la guerre, de nombreux écrivains japonais ont abordé les thèmes de la transition culturelle entre l’Est et l’Ouest, un monde de tradition contre le monde de demain. Pourtant, malgré ces démarcations, Dazai a trouvé un moyen de créer quelque chose qui s’épanouit des deux côtés de cette faille, émotionnellement et étonnamment intemporel, La déchéance d’un homme (Ningen Shikkaku) se lit aussi avant-guerre qu’après-guerre.

Bien que le manga soit plus court et utilise de nombreux raccourcit, le premier journal du roman est le plus complexe, car Yozo mélange les souvenirs de son enfance avec l’état d’esprit critique et analytique de son âge adulte. Enfant, Yozo a découvert qu’il pouvait cacher ses émotions derrière un masque comique et clownesque, ses hijinks ne provenaient pas d’un plaisir enfantin à faire rire les autres mais étaient plutôt, comme il l’explique, le résultat de son âme torturée sans relâche. 

Dans son deuxième journal, Yozo se fait un ami, un acte qui entre en conflit avec sa perception de soi de paria social. Bien qu’il proclame avoir « peur des gens », Yozo ressent de la compassion envers un autre paria social. En fin de compte, le salut émotionnel de Yozo ne peut venir qu’une fois qu’il se libère de cette vision du monde des contraires et des absolus. On peut être retiré de la société et ne pas être totalement incompatible avec le monde, tout comme quelque chose peut exister à mi-chemin entre la comédie et la tragédie, la vérité et le mensonge.

Vous l’aurez largement compris, La déchéance d’un homme est une œuvre, un manga mature qui porte à réflexion !! Malgré une belle édition proposée par les éditions Delcourt/Tomkam, nous aurions aimé un grand manga avec une hardcover, de quoi mettre ce chef d’œuvre en valeur dans une mangathèque !!

Les tomes 1 & 2 du manga La déchéance d’un homme sont d’ores et déjà disponibles dans toutes les bonnes librairies au prix de 7.99€.