Le 11 février, Kazé Manga enrichit son catalogue avec Goze Hotaru, une œuvre courte mais intense signée Kou Tosaya. Prévue en trois tomes, cette série propose une immersion rare dans une page méconnue de l’histoire japonaise, à travers un récit sensible mêlant musique, transmission et quête identitaire.
Avec ses 208 pages, ce premier volume pose les bases d’un voyage à la fois intime et historique, loin des codes habituels du manga d’aventure.

👁️🗨️ Hotaru, une héroïne en quête de voix
Depuis la disparition de sa mère et l’abandon de son père, Hotaru vit auprès de son grand-père, enfermée dans une existence discrète et silencieuse. Malvoyante, elle se perçoit comme un fardeau, convaincue que son handicap la condamne à rester en retrait du monde.
Tout bascule le jour où elle assiste à une représentation des Goze, des musiciennes itinérantes non-voyantes qui parcourent le Japon en vivant de leur art. Leurs chants, accompagnés du shamisen, frappent Hotaru en plein cœur. Pour la première fois, elle entrevoit une voie possible, une manière d’exister pleinement malgré – et avec – sa différence.
🎵 De spectatrice à apprentie, Hotaru décide alors de suivre cette route incertaine, animée par le désir de devenir Goze à son tour… et peut-être de retrouver les traces de son père disparu.
🏮 Les Goze, entre art et discipline
Goze Hotaru s’inspire directement d’une réalité historique. Les Goze étaient des chanteuses et musiciennes non-voyantes, actives dès l’époque d’Edo, organisées en communautés strictes régies par des règles de vie rigoureuses. Leur art, souvent transmis oralement, constituait à la fois un moyen de subsistance et une forme de liberté dans une société profondément codifiée.
Le manga rend hommage à ces femmes oubliées, dont la dernière représentante connue, Haru Kobayashi, s’est éteinte en 2005 à l’âge de 105 ans.
🌸 Un récit poétique et contemplatif
Loin du spectaculaire, Kou Tosaya privilégie une narration douce et introspective. Goze Hotaru explore la construction de soi, la place du handicap, et la force du collectif, dans une atmosphère empreinte de mélancolie et d’espoir.
Le dessin accompagne cette démarche avec sobriété, laissant respirer les silences, les regards et la musique suggérée plus que montrée. Un manga qui se lit comme une balade, porté par l’émotion et la délicatesse.
📅 Et après ?
Le tome 2 est d’ores et déjà annoncé pour avril 2026, confirmant la volonté de Kazé Manga d’installer durablement cette œuvre atypique auprès des lecteurs français.