Faire entrer Elden Ring dans une console portable avait quelque chose de séduisant… et de franchement risqué. Le jeu de FromSoftware n’est pas exactement le genre de production que l’on imagine faire tourner sans concession sur une machine Nintendo. Pourtant, avec la Switch 2, le défi semblait enfin envisageable.
Cette Tarnished Edition ne se contente d’ailleurs pas de proposer le jeu original : elle embarque également Shadow of the Erdtree, ainsi que quelques ajouts comme deux nouvelles classes et plusieurs armes. Sur le papier, l’offre est donc particulièrement généreuse.
Mais une question reste essentielle : est-ce vraiment agréable à jouer sur Switch 2 ?

⚔️ Toujours aussi fascinant à parcourir
Commençons par ce qui ne change pas : Elden Ring reste Elden Ring.
L’immense monde imaginé par FromSoftware conserve cette capacité assez rare à donner envie de partir dans une direction complètement au hasard, simplement parce qu’un détail au loin a attiré notre regard.
Ruines, cavernes, châteaux, boss gigantesques, chemins secondaires, ennemis redoutables… l’Entre-terre regorge de choses à découvrir. Et même plusieurs années après sa sortie, son univers possède toujours une sacrée force visuelle.
Le gameplay, lui, repose sur les fondamentaux chers au studio : esquive, attaques rapides ou lourdes, parade, magie, gestion de l’endurance et observation minutieuse des adversaires. La possibilité de sauter apporte néanmoins une dimension supplémentaire à l’exploration et aux combats.
Ce n’est pas forcément une révolution lorsqu’on connaît déjà les Souls, mais la formule reste terriblement efficace.
🌄 Une adaptation visuellement convaincante
C’est probablement la première bonne surprise de cette version.
Je m’attendais à une grosse dégradation graphique pour permettre au jeu de fonctionner correctement sur Switch 2. Ce n’est finalement pas aussi catastrophique que l’on pouvait le craindre.
En dehors de quelques concessions évidentes, l’Entre-terre reste impressionnante. La végétation, les textures, les ombres et certains effets ont évidemment été allégés, tandis que la distance d’affichage peut également montrer ses limites.
Mais dans l’ensemble, le résultat demeure très respectable, notamment compte tenu de l’ampleur du jeu.
Le mode portable tire même plutôt bien son épingle du jeu. Sur le petit écran de la Switch 2, certaines imperfections passent davantage inaperçues et l’ensemble donne une impression assez propre.
Les chargements après une mort ou lors des téléportations sont également suffisamment courts pour ne pas devenir pénibles.
😬 Là où ça se complique : la fluidité
Malheureusement, il y a un problème que les qualités visuelles ne peuvent pas faire oublier : le framerate.
Dans les environnements plus tranquilles, tout se passe relativement bien. Mais dès que l’action s’intensifie, les choses deviennent nettement moins confortables.
Plusieurs ennemis à l’écran, environnement chargé ou affrontement contre un boss : la fluidité peut sérieusement perdre en stabilité.
Et pour Elden Ring, ce n’est pas un détail.
Dans un jeu où quelques images peuvent suffire à faire la différence entre une esquive réussie et une mort particulièrement frustrante, les baisses de performances sont forcément problématiques. On peut accepter quelques sacrifices graphiques pour obtenir une expérience portable. Il est beaucoup plus difficile de fermer les yeux lorsque la technique commence à perturber les combats.
C’est d’autant plus dommage que les affrontements contre les boss constituent précisément l’un des grands plaisirs du jeu.
🕹️ Le mode portable sauve un peu la mise
Curieusement, c’est donc en portable que je préfère cette version.
Le jeu m’a semblé plus régulier dans cette configuration, tout en conservant une qualité d’image très correcte. Et pouvoir explorer l’Entre-terre installé dans son canapé, dans son lit ou ailleurs est évidemment un argument considérable.
Mais il y a un autre élément à prendre en compte : les Joy-Con.
Pour un jeu aussi exigeant, leur prise en main n’est pas idéale. Les sticks manquent parfois de précision et les longues sessions peuvent rapidement rappeler que cette configuration n’a pas été pensée spécifiquement pour les jeux d’action les plus exigeants.
On finit par s’y habituer, mais un contrôleur plus confortable reste clairement préférable.
Autre détail à signaler : la Switch 2 semble être particulièrement sollicitée pendant les sessions portables, avec une ventilation qui se fait rapidement entendre.
💰 Une édition intéressante, mais pas irréprochable
Au final, cette Elden Ring : Tarnished Edition réussit quelque chose d’assez impressionnant : rendre l’immense aventure de FromSoftware accessible sur une machine portable sans sacrifier totalement son identité.
Le jeu reste magnifique, gigantesque et toujours aussi captivant. La possibilité d’emporter l’Entre-terre partout constitue un vrai argument, et le contenu proposé est particulièrement conséquent avec le jeu original et son extension.
Mais les problèmes de fluidité empêchent cette adaptation d’atteindre le sans-faute.
Si vous possédez déjà Elden Ring sur une autre plateforme, la question de l’achat se pose donc surtout autour de la portabilité. Pour quelqu’un qui souhaite découvrir l’aventure sur Switch 2, en revanche, cette édition reste très séduisante malgré ses imperfections.
Personnellement, je privilégierais clairement le mode portable, qui me semble offrir le meilleur compromis entre qualité visuelle et stabilité.
FromSoftware a réussi son pari sur le principe. Il reste simplement quelques coups à parer avant de pouvoir considérer cette version comme véritablement maîtrisée.
Elden Ring : Tarnished Edition, est disponible dès maintenant sur Switch 2 dans toutes les bonnes boutiques au prix de 79.99€

