La guerre de succession du clan Goko n’a pas fini de faire parler d’elle ! Dans ce vingt-quatrième tome de Mao, publié aux éditions Glénat, Rumiko Takahashi poursuit son récit fantastique en alternant enquêtes surnaturelles, malédictions et tensions entre anciens disciples. Alors que Byoki manœuvre dans l’ombre pour raviver les divisions, Mao préfère encore se tenir à l’écart du conflit, même s’il sait pertinemment qu’il ne pourra pas l’éviter éternellement.
En attendant que la situation dégénère, plusieurs affaires étranges viennent occuper notre héros et ses compagnons. Des transformations inquiétantes, une mystérieuse crème de beauté, un navire peuplé de cadavres monstrueux ou encore un miroir aux propriétés mortelles : ce volume multiplie les intrigues tout en distillant de nouveaux indices sur l’évolution des personnages.

👻 Des enquêtes surnaturelles variées et inquiétantes
Ce vingt-quatrième tome adopte une construction assez classique pour la série, en enchaînant plusieurs affaires indépendantes qui finissent néanmoins par enrichir l’intrigue générale.
On découvre notamment une malédiction qui touche les membres du clan Tazuru, dont les corps subissent d’étranges transformations. Une autre affaire met en scène un mystérieux sculpteur de visages, dont la crème de beauté produit des effets bien plus inquiétants que prévu. Ailleurs, un bateau de pêche échoué renferme les dépouilles de créatures monstrueuses, tandis que son équipage demeure introuvable. Enfin, un miroir doté d’un pouvoir lié à l’eau menace ceux qui entrent en sa possession.
Ces différentes histoires permettent à Rumiko Takahashi de renouveler les situations sans perdre le fil de son récit principal. Même lorsqu’une affaire est relativement courte, la mangaka sait installer rapidement une ambiance, exposer les enjeux et conduire les événements vers une conclusion efficace.
J’ai aussi apprécié la manière dont certaines enquêtes mettent en lumière les aspects les plus sombres de la nature humaine. La cupidité, l’égoïsme et la violence occupent une place importante dans ces récits, rappelant que les phénomènes surnaturels ne sont pas toujours les seuls responsables des drames qui se produisent.
Certaines séquences jouent d’ailleurs sur une dimension plus cruelle, avec des destins particulièrement malheureux pour les personnages impliqués. Le fantastique sert ici autant à intriguer qu’à révéler les faiblesses humaines, ce qui donne davantage de substance à ces histoires.
⚔️ Le clan Goko continue de diviser les personnages
En toile de fond, les tensions autour du clan Goko gagnent progressivement en importance. Les manœuvres de Byoki contribuent à semer la méfiance entre les anciens disciples, tandis que Mao tente de ne pas se laisser entraîner prématurément dans cette lutte.
Cette situation permet notamment d’approfondir le cas de Mei et Renji. Bien qu’ils soient désormais associés au nouveau clan Goko et restent fidèles à Shiranui, leur comportement montre qu’ils ne sont pas simplement des exécutants dépourvus de conscience. Leur désir de venir en aide à certaines personnes ou de venger ceux qui leur sont chers révèle une sensibilité qui contraste avec leur position au sein de l’organisation.
Le cas de Renji demeure toutefois préoccupant. Les conséquences de l’utilisation des graines d’âme semblent plus graves qu’il n’y paraît, et ce pouvoir pourrait bien finir par lui coûter cher. Cette perspective ajoute une tension supplémentaire à son parcours.
Rumiko Takahashi entretient ainsi une ambiguïté intéressante autour de ses personnages : certains peuvent servir des intérêts douteux tout en conservant des motivations sincères, tandis que les alliances actuelles ne garantissent pas nécessairement la fidélité de demain.
🌸 Nanoka gagne en force, Mao commence à s’inquiéter
L’évolution de Nanoka constitue un autre élément appréciable de ce volume. Nourrie par les souvenirs de Natsuno, par son enseignement et par les paroles qu’elle lui a laissées, la jeune femme semble progressivement gagner en assurance et en capacités.
Cette progression n’échappe pas à Mao. S’il reste attentif à sa protégée, il comprend également que les circonstances pourraient bientôt l’obliger à s’éloigner d’elle. Avec la reprise des tensions autour du Pavillon des cinq couleurs, il devient de plus en plus difficile pour Mao de protéger Nanoka en restant constamment à ses côtés.
Cette évolution donne une dimension supplémentaire à leur relation. Au-delà des combats et des enquêtes, le récit s’intéresse à la manière dont Nanoka construit peu à peu sa propre voie. Elle n’est plus seulement une jeune femme entraînée dans des événements qui la dépassent : elle semble de plus en plus capable d’y prendre part activement.
L’inquiétude de Mao apporte également une nuance intéressante à son personnage. Sa volonté de protéger Nanoka se heurte progressivement à la nécessité de la laisser gagner en autonomie, alors même que les dangers deviennent plus nombreux.
🩸 Daigo : un nouvel avenir, mais toujours des zones d’ombre
Les dernières pages accordent une place particulière à Daigo, dont la trajectoire prend une direction intéressante après la disparition de Natsuno. Le personnage semble trouver une nouvelle raison d’avancer, mais son rôle futur reste encore difficile à cerner.
Sa décision de retrouver Yurako pour découvrir la vérité sur la mort de Sana, la femme qu’il aimait, constitue l’un des développements les plus marquants de cette fin de volume. Cette confrontation annoncée pourrait permettre de mieux comprendre certains événements passés et de mettre en lumière les agissements du clan à une époque où ses membres étaient déjà animés par de sombres motivations.
J’ai apprécié cette manière de relancer l’intérêt à l’approche de la conclusion. Daigo demeure un personnage ambigu, dont les choix futurs pourraient aussi bien le rapprocher de Mao et de ses alliés que l’entraîner dans une nouvelle direction.
Cette incertitude fonctionne d’autant mieux que l’histoire continue de révéler les conséquences des anciennes rivalités. Le passé du clan Goko n’a manifestement pas livré tous ses secrets, et les motivations individuelles pourraient peser lourd dans les prochains développements.
⭐ Verdict : un tome classique dans sa construction, mais riche en pistes pour la suite
Avec ce vingt-quatrième volume de Mao, Rumiko Takahashi poursuit son récit fantastique avec une efficacité qui ne se dément pas. Les différentes enquêtes surnaturelles offrent leur lot de situations étranges, tandis que les tensions autour du clan Goko continuent de préparer de nouveaux affrontements.
J’ai particulièrement apprécié la manière dont les affaires secondaires contribuent à développer les personnages et à enrichir l’intrigue principale. Les révélations concernant Mei et Renji, la progression de Nanoka et les intentions de Daigo apportent plusieurs pistes intéressantes pour la suite.
Certes, la structure reste assez familière pour les lecteurs de la série, avec une succession d’affaires qui occupent une place importante dans le volume. Mais cette approche fonctionne toujours grâce à la clarté de la narration, à la variété des situations et aux informations distillées au fil des pages.
Les différents éléments se répondent progressivement, et chaque histoire semble apporter sa contribution à un récit plus vaste. Mao continue ainsi d’avancer sans précipiter ses révélations, tout en entretenant suffisamment de mystère pour donner envie de découvrir la suite.
Un vingt-quatrième tome solide, qui confirme le savoir-faire de Rumiko Takahashi dans l’art de mêler enquêtes surnaturelles, psychologie des personnages et intrigues de longue haleine.
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