Avec Le Dernier écrivain, Akai s’attaque à une question qui devient forcément de plus en plus intéressante à mesure que l’intelligence artificielle prend de la place dans notre quotidien : que reste-t-il à l’écrivain lorsque tout le monde peut produire un roman en quelques secondes ?
Après un premier volume déjà intrigant, ce deuxième tome m’a encore davantage convaincu. L’histoire gagne en profondeur et Yagura Sugai devient particulièrement intéressant à suivre alors qu’il tente de défendre une idée qui semble presque anachronique dans son époque : écrire véritablement seul.
🤖 Yagura face à un monde qui n’a plus besoin des écrivains
Yagura Sugai est un drôle de personnage. Après avoir passé un siècle en sommeil cryogénique, il se retrouve dans un monde où l’écriture assistée par IA est devenue totalement banale.
La technologie Turret permet à pratiquement n’importe qui de produire un roman. Pour Yagura, qui revendique son statut de dernier écrivain utilisant encore une plume humaine, la situation est forcément difficile à accepter.
Mais son objectif dépasse largement la simple nostalgie.
Il veut écrire un livre destiné à la femme qu’il a aimée autrefois et démontrer qu’un texte entièrement conçu par un être humain peut encore rivaliser avec une œuvre générée par une intelligence artificielle.
Et c’est cette confrontation qui rend le manga particulièrement accrocheur : Yagura cherche autant à écrire qu’à prouver que son choix a encore une valeur.
📚 Une passion pour les livres qui fait mouche
J’ai vraiment apprécié l’atmosphère de ce tome. Yagura possède une relation presque physique avec les livres et avec l’écriture, ce qui donne plusieurs passages particulièrement réussis.
Sa recherche de livres papier l’amène notamment à rencontrer un bouquiniste assez particulier. Ce nouveau personnage apporte une autre manière de regarder la littérature et vient forcément bousculer certaines certitudes de notre héros.
J’aime beaucoup ce genre de rencontre dans un manga : un personnage secondaire qui ne sert pas uniquement à faire avancer l’intrigue, mais qui oblige le protagoniste à réfléchir.
Certaines répliques fonctionnent également très bien et renforcent cette dimension presque philosophique du récit sans rendre l’ensemble trop lourd.
🖋️ Le véritable défi commence avec son nouveau roman
Le deuxième tome devient particulièrement intéressant lorsque Yagura doit désormais affronter une question beaucoup plus concrète : comment les lecteurs vont-ils réagir à un roman écrit entièrement par un humain ?
Sur le papier, cela peut sembler absurde dans son époque. Après tout, pourquoi se compliquer la vie lorsqu’une IA peut produire un texte rapidement ?
Mais c’est précisément ce paradoxe qui fait fonctionner le manga.
Yagura ne cherche pas seulement à défendre une méthode d’écriture. Il tente de démontrer qu’il existe encore quelque chose de différent dans une œuvre créée par un humain, avec ses imperfections, ses choix et peut-être même ses faiblesses.
Le sujet résonne particulièrement bien avec notre époque.
💬 Une éditrice qui compte beaucoup
La responsable éditoriale de Yagura prend également une place importante dans ce volume.
Elle croit véritablement en son auteur et ne ménage pas ses efforts pour l’accompagner. Leur relation apporte une dimension plus personnelle au récit, d’autant que ses sentiments semblent peut-être dépasser le simple cadre professionnel.
J’ai trouvé intéressant que le manga ne transforme pas immédiatement cette relation en romance évidente. Il laisse plutôt planer une ambiguïté qui pourrait prendre davantage d’importance par la suite.
🎨 Un univers futuriste toujours séduisant
Visuellement, je reste convaincu par le travail d’Akai. Le dessin accompagne bien cette histoire futuriste sans écraser ses personnages sous la technologie.
Le contraste entre un monde dominé par l’IA et l’attachement presque archaïque de Yagura au papier fonctionne particulièrement bien graphiquement et participe à l’identité du manga.
C’est aussi ce qui rend l’univers crédible : la technologie est omniprésente, mais la passion de Yagura pour les livres physiques permet de conserver une dimension très humaine.
⭐ Mon avis sur Le Dernier écrivain Tome 2
J’ai préféré ce deuxième volume au précédent. Le Dernier écrivain commence vraiment à trouver sa voix et propose une réflexion de plus en plus intéressante sur la création, l’intelligence artificielle et la place de l’humain dans l’écriture.
J’ai dévoré ce tome et j’ai particulièrement apprécié la manière dont le scénario utilise le parcours de Yagura pour poser des questions sans forcément apporter immédiatement toutes les réponses.
Est-ce qu’un roman écrit par un humain peut encore trouver son public dans un monde où l’IA est devenue la norme ? Est-ce que l’imperfection peut justement devenir une qualité ? Et surtout, qu’est-ce qui fait qu’un livre mérite réellement d’être lu ?
Le tome se termine en plus sur une situation suffisamment intrigante pour donner immédiatement envie de poursuivre.
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